
QUEL COUTEAU CHOISIR ?
C’est par cette question riche que je commence cette série d’article sur mes retours d’expériences en milieu naturel. Je vais tâcher de faire un article de fond par mois, sur ce genre de sujets. Si vous voulez que je rédige un, sur une question particulière, n’hésitez pas à laisser un commentaire à la fin de l’article. Je me ferai une joie de vous répondre, dans la limite de mon expérience vécue sur le terrain.
Tout d’abord, la question fondamentale qui me vient en tête c’est l’utilité => un couteau, pourquoi faire ?
Un couteau sert à couper, donc les usages sont extrêmement nombreux : couper des aliments, vider un animal, tailler un piquet, couper une corde, sculpter un objet, fendre du petit bois… la liste est sans fin.
Pour l’utilisation en milieu naturel, je privilégie le couteau droit, non pliant. Si je n’ai qu’un couteau pliant, ce n’est pas idéal, mais je peux néanmoins lui demander certaines tâches, en prenant quelques précautions (lame non bloquée si je bâtonne* avec, par exemple)
Tenant compte de ces usages, nous pouvons définir un cahier des charges plus précis et nous orientez vers un compromis taille/poids/solidité/prix. Si j’utilise le mot compromis, ce n’est pas anodin. Un couteau, de par sa forme, sa taille et son émouture va convenir plus pour certaines tâches que d’autres. Il ne pourra pas être « bon » pour tout, il va exceller dans une tâche et être médiocre pour une autre. Je peux facilement fendre une bûche de 10 cm de diamètre avec un couteau droit lame de 15 cm mais il sera moins maniable pour sculpter une cuillère. A contrario, un couteau « de cou » et une lame de 5 cm sera parfait pour éplucher un légume ou sculpter une tasse mais sera incapable de bâtonner* quoi que soit.
Définissons quelques notions avant de parler de choix de tel ou tel couteau:
- Un couteau droit (lame fixe) est composé d’une lame, d’un manche et idéalement sera porté dans un étui.
- L’émouture d’une lame est la « pente » qui va du dos de la lame vers le tranchant. Le différentes émoutures ont leurs avantages et leurs inconvénients.
- Une émouture dite « sabre » a une « pente » qui démarre du tranchant mais ne va pas jusqu’en haut du dos de la lame. Cela permet de « garder de la matière » sur la lame et lui confère une plus grande solidité, notamment en torsion latérale.
- Une émouture complète en « V » a une pente qui démarre du tranchant jusqu’en haut du dos de la lame. Elle est donc plus fine, et la pénétration dans la matière est plus facile mais elle perd un peu au niveau solidité. Ces deux émoutures sont relativement facile à aiguiser (prochain article)
- Une émouture « scandinave », est celle du ciseau à bois. Il n’y pas de tranchant visible en bas de la pente, la pente et le tranchant sont dans un même prolongement, dans un même bloc. C’est l’Emouture par excellence pour le bushcraft (techniques de vie en forêt) car elle excelle dans la taille du bois. Par contre elle est moins adaptée à la coupe des aliments car elle se comporte comme un ciseau à bois (elle « écarte » la matière, lorsqu’ elle rentre dedans).
- La dernière est la plus polyvalente, c’est l’émouture convexe. Au lieu de partir droit vers le tranchant, elle s’affine en s’arrondissant et le fil du tranchant est aussi (comme la scandinave) dans le prolongement de l’émouture. Elle est très solide et le tranchant est très durable.




A titre personnel, j’utilise des couteaux avec tout type d’émouture (ils ont tous leurs avantages et inconvénients) et j’adore ceux avec émouture convexe, car ils produisent des copeaux de bois très fins et très « torsadés », idéaux pour l’allumage du feu. De plus, si je peux choisir, je privilégie les lames en acier au carbone (celle qui rouillent avec l’humidité), car elles sont plus faciles à aiguiser et elles produisent des étincelles si je les percute contre une pierre suffisamment dure (silex, quartz). Ces étincelles tombent sur du coton charbonné ou du bois charbonné et j’obtiens une braise, que je peux déposer dans nid d’herbes fines et sèches pour obtenir une flamme.
Pour éviter de me disperser de trop, je vous propose le meilleur compromis prix/solidité/efficacité que je connais : le couteau MORA Companion « heavy duty » en lame CARBONE (pour les raisons évoquées plus haut).
Il coute aux alentours des 20 euro, est léger et quasi indestructible. C’est celui que je prête aux stagiaires qui viennent en stage chez moi. Il est très plébiscité par les militaires car il est léger, peu onéreux et si on le perd, c’est moins grave qu’avec un couteau à 200 euro !!!

Pour conclure, sachez également que le combo idéal pour fonctionner en forêt est le
suivant :
- Un couteau droit que l’on porte sur soi
- Une pince multitool ou un canif suisse que l’on porte sur soi
- Une scie pliante ou à cadre dans le sac à dos ou le véhicule
- Un plus gros outil de coupe : une hache ou un gros couteau de camp (la machette
sera privilégiée en milieu tropical) dans le sac à dos ou le véhicule - Une pelle (pliante si on est limité par le poids), dans le véhicule
- Une pierre à aiguiser.
Si vous aviez des questions, mon mail est disponible sur mon site.
Bonne fêtes de fin d’année
Le Woodsmanu
*bâtonner = refendre un morceau de bois avec un couteau et un autre morceau de bois, en
tapant sur le dos de la lame et ainsi « forcer » la lame à fendre le bois, dans le sens des
fibres.


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